Blast of drum and life

Publié le par Noëmie V

« I definitely believe in my songs

but I'm not gonna talk about myself like I'm god's gift in music. »

Bass Drum Of Death

Leffinge, jeudi 24 novembre 2011


Leffinge, son église, sa friture et ses moments assez incroyables de rock'n'roll.

Derrière un épais rideau de cheveux, ils l'ont fait. Ils ont joué GB City. C'est comme si ils en avaient accouché : sans répit, violemment. Totalement à l'image de cet album qui tombe sous les sens. Ce truc d'une évidence imparable, ces onze morceaux bruts à la Kalachnikov.

Au départ : John Barret, une guitare et des idées. Et puis Colin Sneed. Ce batteur, mais mec, ce batteur !

Ils ne veulent pas sauver le monde, disent-ils ? Il fallait en savoir plus sur ce duo de prétendus branleurs qui ont porté le garage au degré d'addiction le plus dangereux.

 

BDOD


GigsterBang : Il s'agit de votre première tournée européenne, quelles sont vos impressions ?
John Barret : Oui, ça se passe super bien : tout le monde nous traite bien, on mange très bien et tous les concerts sont supers. Je crois que je ne veux plus faire de tournée aux Etats-Unis maintenant.
GB : Même ce soir ?
John : Mais oui ! J'avais l'impression de jouer dans une église tout le monde était tellement attentif. Il y a eu des concerts un peu fous et d'autres où c'est plus tranquille, où on est un peu plus crevés, mais c'est toujours bon.
GB : Fous ? Comme … Mh des religieuses1 à poil ?
BDOD : Oh non, rien de tout ça, mais j'aimerais tellement. Par contre, des gens se sont déjà déshabillés pendant nos concerts. Fucking Jane au Austin Fest ! Je me souviens aussi de cette fille qui a montré ses seins pendant qu'on jouait. C'était genre, une des plus belles filles que j'ai jamais rencontré. Et elle avait mis son Twitter sur le mur des chiottes pour qu'on puisse la retrouver.
GB : Perfect show ?
BDOD : Kitchen show !! Notre meilleur concert c'était au SXSW, dans une cuisine de 4m2 avec maximum 15 personnes. Chaque fois que je secouais la tête je me prenais la porte du frigo. C'était le chaos, TO-TAL !

GB : Durant votre tournée, vous avez tourné avec des groupes comme Toro Y Moi, Unknown Mortal Orchestra … ?
John : On a passé un super moment avec eux. J'avoue que je ne pensais pas adhérer à tout ça, le son de Toro Y Moi est très différent du notre. Alors que UMO est genre un mélange entre Toro Y Moi et nous, genre, fuzzy guitars et chansons rapides. Mais au fur et à mesure, ça collait vraiment. On jouait devant des tas de gens parce que Toro Y Moi est assez populaire. C'était comme un petit festival : nous, puis UMO, puis Toro Y Moi … et au final c'est peut-être une de mes tournées préférées.
GB : Quand vous évoquez vos influences vous citez souvent des influences classiques, comme Nirvana. Est-ce qu'il y a des groupes contemporains auxquels vous vous identifiez ou dont vous vous sentez proches ?
John : Il y a quelques groupes de Nashville, Tennesse que j'aime bien, genre Jeff The Brotherhood ou Natural Child. J'aime aussi Davila666 de Porto Rico : un groupe de garage qui chante en espagnol, c'est génial ! En fait, j'écoute plein de trucs différents, comme du rap. Il y a un rappeur de L.A., qui s'appelle Casey Veggies. Même quand on est allés au Japon, on a vu des trucs cools. On a beaucoup de chance parce qu'en tournée on voit des gens qui font vraiment de la bonne musique et on peut les rencontrer, sortir avec eux …
On n'a jamais joué avec Jeff The Brotherhood. Ils ont squatté chez moi pendant un temps et on trainait ensemble mais on n'a jamais tourné ensemble. C'est peut-être mieux comme ça. Si ils jouaient après nous, le public se dirait que c'est bien mieux que ce qu'on fait.

GB : Vous entretenez une relation étrangement humble avec votre propre musique.
John : Je suis simplement réaliste. A la fin de la journée, je ne me dis pas que j'ai fait quelque chose de génial, j'essaye simplement d'écrire des chansons que j'aime et si elles plaisent alors tant mieux. Il y a tellement de gens qui font des choses géniales. Alors bien sur, je crois en ce que je fais. Si je n'aimais pas suffisamment mes chansons, il me serait impossible de les jouer en continu mais ce n'est pas une raison suffisante pour que je puisse parler de moi-même comme d'une incarnation musicale de Dieu, parce que ce n'est pas le cas.
GB : C'est très rafraîchissant !
John : Oui, ça doit rester très simple. Même quand j'enregistre, je ne dois pas passer plus de trois heures sur une chanson. Au-delà de ça, je m'ennuie. Je veux que les choses se passent vite. J'écris une chanson et je dois savoir tout de suite si je la garde ou pas : si je suis capable de la jouer quatre fois de suite et que j'ai encore envie de l'écouter, alors, c'est OK ! Il faut que moi je l'aime avant tout.
GB : GB City a un côté très addictif !
John : C'est ce que j'essaye de faire. Une fois que j'ai écrit les chansons, je passe genre un mois à écouter l'album du début à la fin et à replacer les chansons jusqu'à ce que ça ait un sens et que l'ensemble soit parfait. J'ai vraiment réfléchi à cet album. Je voulais qu'on puisse l'écouter en roulant et qu'avant que ce soit terminé, on ait déjà envie de le réécouter. Je crois que les gens doivent toujours attendre un petit peu plus.

GB : Vous avez joué des nouvelles chansons ce soir …
John : Oui deux ! Dès que je rentre, je réécrirai de nouvelles chansons. Ca va être compliqué car j'ai eu une période illimitée pour GB City. J'aurais peut-être trois mois pour composer et au mois de mars et avril on repart en tournée.
GB : Et ce sera sur Fat Possum ?
John : Je ne sais pas encore. C'était un contrat d'un album. On verra bien ce qui se passe. J'essayerai de ne pas trop m'inquiéter à propos de ça. Pour le premier, je m'étais un peu préoccupé du business et le résultat a été plutôt positif : on a eu beaucoup de dates et la musique a été diffusée, même en Europe. Maintenant, je veux juste me concentrer et faire des bonnes chansons.
Je me sens bien chez Fat Possum. C'est un peu chiant parce que tout le monde nous identifie aux Black Keys, comme si nous étions les deux seuls groupes au monde en duo guitare-batterie !! Mais le label a fait un super travail. L'un d'entre eux est un de mes meilleurs amis et il a signé Wavves et Smith Westerns ! Et puis, c'est cool d'habiter dans la rue du label, je peux débarquer à n'importe quel moment, me poser et prendre une bière. Personne ne peut vraiment faire ça avec son label. Ils savent que je vais bosser dur parce que … parce que c'est tout ce que j'ai.

1Une chanson de l'album est intitulée Religious Girls.

Publié dans Interview

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