Interview de Splash Wave aux Transmusicales 2011

Publié le par Noëmie V

"On fait un truc très radical, de la synth-pop 80's sans guitare!"

Splash Wave

2011-12-02

Transmusicales 2011

 

 

Au sortir de l'Ubu, Xavier répond à quelques questions au sujet d'un de ses projets, Splash Wave. Projet surprenant, concert surprenant pour interview suprenante.

 

 

GigsterBang : Vous venez juste de faire votre concert, comment l'avez-vous senti ?

Xavier : C'était chouette, il y avait du monde. On jouait juste après Juveniles et avant Wonderboy donc c'était un peu spécial parce qu'on faisait la transition entre un groupe électro-pop et un groupe très rock. En même temps, c'était pas une transition parce que nous on fait un truc hyper radical : de la synth-pop 80's sans guitare. En étant programmés dans une salle à entrée gratuite, on savait qu'on jouerait devant un public très varié : certains connaissent le groupe, d'autres pas du tout. Ils sont cools et curieux mais ça peut ne pas du tout accrocher. Dans un premier temps, c'était important pour nous de jouer ici parce que c'est Rennes, on est à la maison mais en même temps on joue dans une super salle. D'ailleurs, ce que je trouve génial ici c'est que tous les groupes sont mis au même niveau. Rien que dans la prog, on a tous le même espace pour la bio et pour la photo. Ensuite, c'était important parce qu'on avait des invités. On a fait deux morceaux avec un chanteur, Wagner et une chanteuse rennaise qui a collaboré avec le groupe Rafale et joue dans un groupe disco-punk, assez éloigné de ce qu'on peut faire The 1969 Club. On l'a branché à la rentrée. On avait juste l'instru et une ligne de basse et elle nous a pondu une mélodie de voix et un flow. Et jouer ensemble m'a rendu vraiment heureux !

 

GB : Invitations occasionnelles ou est-ce qu'on aura la chance de les revoir ?

Xavier : Avec Wagner, ça ne se reproduira probablement pas : il est à Paris et très occupé avec ses activités de producteurs, de compositeur, de remixer, de DJ et de musiciens. D'ailleurs, il joue aux bars en trans' cette année et c'est pour ça que ça collait bien. Le morceau, on ne l'avait jamais répété. Quand il n'est pas là, on fait les parties au vocodeur et lui il l'a répété à la maison. Finalement, ça a vraiment bien plu ! Ces morceaux là apportent une bouffée d'air dans le set. On a deux morceaux en instru, sur les autres on chante mais il faut vraiment être un fan d'électro pour vouloir se taper 40 minutes de vocodeur et je comprends que pour certains ce ne soit pas digeste. Donc ces deux morceaux avec du chant classique permettaient de nuancer ça.

 

GB : On parlait de la programmation de cette après-m, j'ai l'impression qu'il y avait des groupes très différents mais en même temps une sorte d'homogénéité …

Xavier : Oui, surtout entre Juveniles, nous et Shiko Shiko, au niveau de la manière de composer et des synthés alors que Wonderboy apportait la touche roots-garage-bluesy et moi c'est un truc que j'adore. On a l'impression que quand Brossard programme tout ça il cherche l'homogénéité mais en même temps, pas tant que ça, car il y a toujours ces petites nuances qui permettent de vraiment distinguer les groupes. Shiko Shiko c'est quand même vachement plus moderne. Juveniles, c'est la touche vraiment rétro-épique-80, nous c'est 80's beaucoup plus électro. Shiko Shiko, même s'ils ont des guitares sont très représentatifs des années 2000. Je lisais un papier tout à l'heure qui disait que les groupes d'aujourd'hui étaient tous tournés vers le passé et chez eux, ce n'est pas vrai. Ils font un mélange de trucs très actuels.

 

GB : Pas trop frustrant de jouer en plein milieu d'après-midi ?

Xavier : On y a pensé au début, surtout parce qu'on a fait les balances super tôt mais la tension est montée progressivement. En arrivant devant la salle, on s'est rendu compte que c'était blindé et une fois à l'intérieur, avec les lumières artificielles, c'était parti. Une fois qu'on est dans le concert, on n'y pense plus ! (A Cyril qui vient d'arriver.) Apparemment, ça ne t'a pas dérangé, toi qui bougeais comme une petite catin !

Cyril : C'était le groupe à voir des trans', nous on n'avait plus qu'à assurer ! (rires) J'ai ironisé là-dessus en disant « Bonsoir ! » Les gens étaient là, c'était à nous d'aller les chercher.

 

GB : Je ne sais pas si vous serez d'accord, je trouve votre musique assez visuelle. Avez-vous pensé à faire évoluer vos lives avec des vidéos ?

Xavier : Avant on jouait vraiment que tous les deux donc seuls notre disposition et nos mouvements pouvaient intriguer. Cyril s'amusait à mimer des poses « solos de guitare » en jouant du synthé. Pareil pour les batteries électroniques : nous on a que des pads. Donc c'est le côté un peu radical du choix des instruments qui fait que visuellement c'était intéressant. Là, pour les trans', on a fait un travail sur les lumières avec des couleurs choisies en rapport avec notre univers. Pour ce qui est des vidéos, on a fait un concert pas du tout organisé pour lequel Cyril avait ramené une vieille série B américaine et certains avaient adorés. On avait pensé à faire un montage, pas un ciné-concert avec un jeu très précis mais quelque chose d'assez libre. Mais bon, ça demande du temps et toutes les salles ne sont pas forcément équipées. Donc là, on a opté pour une esthétique, encore une fois, très année 80 puisqu'à l'époque il y avait très peu de concerts-vidéos et beaucoup plus de recherches sur les lumières. Pari réussi !

 

GB : Dernière question, les sorties sur cassette, pourquoi et comment ça a été reçu ?

Xavier : Le label qui nous a sorti, Spiral Jetta Recordings, ne fait que de la K7. On apparaissait sur une compil' du label avec des groupes indés. Là on bosse sur un album, sur le même label mais cette fois en vinyle. Donc il n'y a pas encore de date définie mais le support changera.

Les cassettes ont été plutôt bien reçues : elles ont toutes été vendues même si il y en avait très peu. C'est marrant parce que sur les blogs et dans les magazines, les gens ne les ont rarement eu entre les mains mais tiennent toujours à le préciser. C'est vrai qu'on a une discographie un peu particulière : digitale, vinyle et K7 ! Tout sauf des CD's.

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