#VieillesCharrues 2011 - Zola 2.0

Publié le par Nonotje

Pulp, Snoop Dog & Mondkopf

Cold War Kids, Foals & David Guetta

Shoes & Crystal Fighters

Furs, Lou Reed & PJ Harvey 

 

 

 

     "I want to live like common people,

I want to do whatever common people do,

I want to sleep with common people,

I want to sleep with common people,

like you."

Pulp ouvre le bal du plus grand festival de France en clôturant son concert de reformation sur ce tube évident – forever. La boucle est bouclée.

Snoop Doggy Dog, sur une scène de gros festival, comme acteur de son propre théâtre, comme personnage d'une mauvaise sitcom. Diamants et string et bling et bang : une balle dans le crâne d'une fausse femme dans une fausse mise en scène. Ces clips diffusés sur grand écran entre deux chansons semblent plus réels que les gros beats surpulsés. 

L'électro devient soudainement la chose la plus élégante : défiant l'espace d'un geste simpliste et souverain, Mondkopf console de ce qui deviendra vingt-quatre heures plus tard un sacrifice païen, en offrant la plus divine des messes sonores. Rien ne vient fatiguer cette patiente prière où les ascensions ne rencontrent jamais l'explosion mais le contre-temps ravissant, une succession de perpétuelles étapes vers l'accomplissement de sang-froid d'une mission très personnelle. Figure aussi inquiétante que salvatrice, tête de lune plonge nos corps dans l'oubli ultime d'eux-mêmes.

 

 

     Une clairière, qui nous aspire. Mais plutôt qu'une oasis, c'est un type qui y trône, le fessier frôlant la fange. Contractant, son corps, que l'on perçoit de dos, expulse péniblement. Stupéfaits sans en avoir l'air, lui a déjà relevé sur son cul terreux, un caleçon rose flou qui lui serre les jambes, des cuisses aux mollets. Titubant, un autre vient y poser, avec une imperturbable nonchalance, un pied fort convaincu par la rythmique déversé par les enceintes. Saint-John s'étire, toujours plus lourdement, laissant le temps en suspens, l'instant d'une contraction gastrique infinie et résonnante pour retomber dans une éclaboussure amortie. Enfants de la Guerre Froide, tous se défient de mettre à rude épreuve chaque orifice de leur organisme : des tableaux naturalistes revisités à la bière et au kebab. 

Les poulains et leurs équations élucubrées ont assis une foule entière. Les genoux ont rejoints la terre et l'eau, s'y sont lovés sans idée et tout a repris de plus bel. Sauter, secouer. 

Cette même foule ne se calmera que quand tout sera éteint et que la fête foraine st-tropesque se sera étouffée dans son propre vomi. Too late.

 

 

     Les Shoes et leur impeccable album tiennent le rôle de groupe indé. Une relativité dont ils relèvent néanmoins le défi. Ce ne sera jamais que la quatrième rencontre avec le duo, qui ne cesse toujours pas de surprendre en se démenant, de mieux en mieux.

Combattants spathiques, les Crystal Fighters chargent les basses et attaquent une flopée de jeunots impuissants bientôt mutée en armée du délire. L'album qui, il y a quelques mois encore, semblait si rafraichissant, perd nettement son effet de surprise mais certainement pas de son efficacité.

 

 

     L'acharnement au mimétisme de la spontanéité renvoie le rock en une musique de répertoire. Et ce n'est pas tellement d'avoir choisi les blousons en cuir et la guitare électrique qui ennuie mais peut-être la volonté de faire mieux que ceux qui étaient quasiment parvenus à l'ultime par quelques humbles riffs. La maîtrise est troublante, l'énergie saisissante, même l'originalité des Furs parvient presque à convaincre. 

PJ de sa fragile silhouette règne sur ces quatre jours : ombre sombre frêle, mais planant sereine sur une foule, venant s'y poser aussi doucement que la bruine qui s'y abat. Broderies, velours et toute de gant vêtue, elle rappellerait un Orphan tant sa parole est messianique. Les peuples roulent sous ses mots, ses mots qui filtrent à travers ses lèvres et qui habitent des mélodies généreuses en silences. And the winner is PJ Harvey.

 


 

Pulp résonne encore.

 

« Sing along with the common people,

sing along and it might just get you through,

laugh along with the common people,

laugh along even though they're laughing at you,

and the stupid things that you do.

Because you think that poor is cool. »

 

 

 

 

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(image des Vieilles en HTML)

Publié dans Live Report

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